NBA All-Star Game : le nouveau format a-t-il vraiment séduit ?

Remporté cette année par la Team « USA Stars », le NBA All-Star Game qui s’est déroulé hier près de Los Angeles, a inauguré un format inédit en mini-tournoi censé redonner de l’intensité à un événement en perte de vitesse. Si la NBA a le mérite d’avoir tenté une révolution, la nouveauté suffira-t-elle à relancer durablement l’intérêt ?

Un mini-tournoi pour rallumer la flamme

Pour cette édition 2026, la NBA a décidé de frapper fort. Exit le traditionnel match Est contre Ouest, place à un mini-tournoi à trois équipes : USA Stars, USA Stripes et Team World, avec des rencontres de 12 minutes et une finale entre les deux meilleures formations. L’objectif ? Réinjecter de l’intensité dans un All-Star Game en perte de souffle.

Le processus de sélection, lui, restait fidèle au système classique des conférences : votes des fans, des joueurs et des médias pour les titulaires, choix des coaches pour les remplaçants. Une fois les 24 All-Stars désignés, ils ont été répartis dans les trois équipes du nouveau format, séparant Américains et internationaux. En cas d’effectif incomplet ou de forfait, des ajustements étaient prévus pour équilibrer les rotations.

Dans ce cadre revisité, les USA Stars, incarnation de la nouvelle génération, ont dominé en finale les USA Stripes, pourtant portés par des figures comme LeBron James et Kevin Durant (47-21). Le visage de la soirée ? Anthony Edwards, élu MVP après une superbe performance : 32 points, 9 rebonds, 3 passes décisives. Une démonstration de puissance et d’énergie qui symbolise le passage de témoin entre générations.

Sans aucun doute, le format court et l’obligation de se qualifier pour la finale ont apporté un supplément de tension. Les séquences défensives ont été plus engagées et les fins de match plus disputées. Sans retrouver l’intensité d’un match à enjeu de play-offs, l’édition 2026 a su proposer un niveau d’engagement supérieur à celui des dernières années.

Sur le plan audiovisuel, les signaux ont également été encourageants. Le match a attiré en moyenne 8,8 millions de téléspectateurs, sa meilleure audience depuis 2011, avec un pic proche de 9,8 millions dans les moments décisifs, soit une hausse d’environ 87 % par rapport à l’an dernier. Une progression à relativiser toutefois : la diffusion sur les chaînes NBC et Peacock, dans la continuité des Jeux olympiques d’hiver, a offert une exposition exceptionnelle. L’effet nouveauté et la curiosité ont sans doute autant pesé que le format lui-même.

Une innovation qui interroge encore

Car au fond, le débat dépasse le simple résultat sportif. Si la nouveauté a suscité discussions et regain d’attention, beaucoup de fans restent partagés. Le format modifie la structure, mais l’absence d’enjeu concret demeure. Sans récompense tangible, comme un avantage du terrain en Finales NBA ou une autre incitation forte, certains estiment que l’engagement restera limité.

« Pour que le All-Star Game redevienne intéressant, il faudrait faire un match Est contre Ouest et que la conférence qui gagne obtienne l’avantage du terrain en Finales NBA. Et là vous verrez si les joueurs ne jouent pas le jeu, même Jokic jouera le match à fond », a expliqué un lecteur de L’Équipe à la suite d’un sondage consacré au nouveau format.

D’autres considèrent qu’un format limité à deux équipes serait en effet plus pertinent, à condition d’opposer clairement une Team USA à une Team World, une orientation qui correspond d’ailleurs à la stratégie actuelle de la NBA. Portée par des talents mondiaux comme Victor Wembanyama, Nikola Jokic, Luka Doncic ou Giannis Antetokounmpo, la ligue entend capitaliser sur son rayonnement international croissant.

Reste toutefois une zone grise : la dimension identitaire. Jouer dans une équipe composite réunissant plusieurs nationalités n’a pas la même portée émotionnelle que défendre les couleurs de son pays en sélection nationale. Faire tomber les Américains sur leur propre parquet peut nourrir une certaine fierté. Mais cela suffit-il à installer une rivalité structurée, durable et intense ? Rien n’est moins sûr.

« Tant que la NBA ne mettra pas de vraie récompense en jeu, ça restera un match que certains ne prendront pas au sérieux. Le format n’y changera rien. C’est dommage car je pensais que dans la team World il y aurait une volonté de prouver quelque chose, mais faut croire que certains ne se sentent pas concernés », résume un autre lecteur.

La NBA a au moins eu le mérite de bousculer ses habitudes. Consciente que la réforme ne pourra être jugée qu’à l’épreuve du temps, la ligue admet déjà que l’avenir du format dépendra des retours des joueurs, des diffuseurs et du public, sous l’impulsion de son commissionnaire. Sur son site officiel, elle précise d’ailleurs : « En définitive, la future orientation du All-Star Game dépendra de la décision du commissionnaire Adam Silver et de son équipe en charge de l’événement. Ils disposent de plusieurs mois pour trancher. »

Une chose est sûre : 2026 aura servi de test grandeur nature. Reste désormais à savoir si ces ajustements seront pérennisés, modifiés ou abandonnés pour la prochaine édition, programmée le 21 février 2027 à Phoenix.

Alors, ce nouveau format a-t-il réellement séduit ? En partie. Il a apporté davantage d’intensité, une structure plus lisible et un regain d’intérêt, mais pour redevenir un rendez-vous incontesté du calendrier, la NBA devra aller au-delà du simple changement de format. Seul un enjeu sportif clair et concret pourra transformer un spectacle amélioré en compétition pleinement assumée. – N.C.

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