Réunis vendredi 18 septembre à Roland-Garros pour le Media Day LNB, joueurs et entraîneurs ont lancé une saison marquée par plusieurs nouveautés. Parmi elles, les débuts de Tony Parker sur le banc de l’ASVEL, le nouveau visage du Paris Basketball et l’absence du champion de France en titre, Monaco.
Tony Parker, nouveau coach de l’ASVEL
Président de l’ASVEL Lyon-Villeurbanne depuis 2014, l’ancien meneur français a décidé cet été de retrouver le terrain et de lancer officiellement sa carrière d’entraîneur en club. Une reconversion qu’il prépare depuis plusieurs mois et qui constitue l’un des grands événements de cette nouvelle saison.
Le choix de Villeurbanne n’est pourtant pas le fruit du hasard. Lorsque TP avait commencé à réfléchir à une carrière de coach, la NBA occupait une place importante dans ses ambitions. Mais l’attachement à l’ASVEL, qu’il considère comme son club de cœur, et l’arrivée annoncée de la NBA Europe ont progressivement fait évoluer son projet. Commencer avec un club qu’il connaît de l’intérieur lui est finalement apparu comme la meilleure manière d’entrer dans ce nouveau métier.
« Je voulais être humble et partir de zéro. Aux États-Unis, il n’y a pas de besoin de diplôme contrairement à la France. Et après des discussions avec mon père, coach Popovich, avec Thierry Henry, Zizou, qui ont fait cette transition-là de joueur-entraîneur, tous m’ont confirmé que ce serait bien que je retourne à l’école, que ça aide énormément, et que ça t’aide a construire ton projet », a-t-il déclaré en conférence de presse.
Le contexte n’en reste pas moins inédit. Après une carrière de joueur longue de vingt ans, notamment passée par San Antonio, Tony Parker doit désormais apprendre à exercer une autorité différente. Celui qui était encore dirigeant du club doit maintenant être celui qui décide des rotations, construit les séances et accompagne quotidiennement les joueurs.
Pour l’épauler, le nouveau coach s’est entouré d’un staff particulièrement expérimenté. Parmi ses adjoints figure notamment Vincent Collet, ancien sélectionneur des Bleus et entraîneur avec lequel il a remporté l’EuroBasket 2013. Le staff de l’ASVEL compte également plusieurs spécialistes avec notamment Dounia Issa comme coordinateur défensif et Bryan George à la coordination de la transition.
« Je me suis super bien entouré, explique Tony Parker. Moi j’ai un gros vécu de joueur. Vincent il a un gros vécu de coach et de finale olympique. Dounia a été élu meilleur entraîneur l’année dernière, et Bryan sort de trois-quatre années aux Hawks en NBA, donc je pense qu’on sera vachement tous complémentaires, ce qui va me permettre de progresser très très vite. »
Cette nouvelle vie de coach ne fait cependant pas oublier les ambitions du quadruple champion NBA. TP l’a déjà annoncé : son rêve reste de coacher un jour en NBA. Mais avant cela, le Français veut construire son expérience, apprendre et commencer par un environnement qu’il maîtrise.
Ses premiers pas officiels sur un banc de club ont justement lieu ce week-end, à Roland-Garros, lors de la Supercoupe, avec une affiche particulièrement symbolique : l’ASVEL affronte Roanne, entraînée par… T.J. Parker, qui n’est autre que son frère. Une première mise à l’épreuve qui donnera déjà un premier aperçu de la nouvelle version de « TP ».

Nadir Hifi et Paris veulent passer un nouveau cap
Autre équipe particulièrement scrutée cette saison : le Paris Basketball. Finaliste du championnat de France la saison dernière face à Monaco, le club de la capitale aborde ce nouvel exercice avec un staff renouvelé et plusieurs nouvelles recrues. Le club a notamment confié les commandes de l’équipe au Français Maxime Lefèvre, qui découvre le rôle de head coach après sept saisons passées au sein des Minnesota Timberwolves. Il sera accompagné de Pierric Poupet comme coach associé.
Sur le terrain, plusieurs nouveaux visages ont également rejoint Paris cet été. Le plus attendu est sans doute celui de Frank Ntilikina. L’international français retrouve la Betclic Élite neuf ans après avoir quitté Strasbourg pour la NBA. Après des passages par New York, Dallas puis Charlotte, mais aussi par le Partizan Belgrade, le meneur arrive de l’Olympiakos, avec lequel il a remporté l’Euroligue la saison dernière.
Le club a également attiré Terry Tarpey, arrivé de Monaco, ainsi que plusieurs joueurs américains, parmi lesquels T.J. Warren, ancien joueur de NBA, Tyson Etienne et Alize Johnson. Le Brésilien Mãozinha Pereira complète également les arrivées de l’intersaison.
Cette construction reflète aussi une évolution plus large du championnat français. Les clubs de Betclic Élite, notamment les formations engagées sur la scène européenne, font de plus en plus appel à des joueurs étrangers et en particulier américains pour renforcer leurs effectifs. Pour cette nouvelle saison, la LNB a d’ailleurs fait évoluer sa réglementation pour permettre aux équipes d’inscrire un joueur non européen supplémentaire sur une feuille de match, faisant passer le quota de quatre à cinq. Une évolution qui offre aux clubs davantage de possibilités sur le marché des transferts.
Dans ce groupe largement renouvelé, Nadir Hifi représente l’un des principaux repères de continuité du projet parisien. L’arrière français, qui a prolongé avec le club de la capitale, reste sur une saison particulièrement aboutie et devrait une nouvelle fois occuper une place importante dans l’équipe.
Au Media Day, le jeune joueur s’est, d’ailleurs, montré confiant au moment d’évoquer cette nouvelle aventure. Bien intégré à ce groupe renouvelé, il affiche de grandes ambitions, avec déjà un premier trophée dans le viseur dès ce week-end lors de la Supercoupe LNB.
« On a à cœur de faire mieux. C’était un échec l’année dernière au match 5, mais il faut rebondir, ça fait partie du sport. On va revenir plus forts pour pouvoir peut-être gagner un titre ce week-end », nous a-t-il confié.
Pour le reste de la saison, ses objectifs sont tout aussi élevés : « Gagner le championnat de France, essayer de gagner tous les titres possibles et de pouvoir faire le meilleur résultat en Euroligue, que ce soit les play-ins ou les playoffs », a-t-il ajouté.

Monaco absent, une saison sans le champion de France
C’est l’autre grande particularité de cette rentrée : pour la première fois depuis plusieurs années, la Betclic Élite va démarrer sans l’AS Monaco. Et pas n’importe quel Monaco. Celui qui vient de réaliser une saison historique en remportant les quatre titres nationaux disputés en 2025-2026, dont celui de champion de France.
Mais le champion ne pourra pas défendre sa couronne. Le 3 juillet, la Ligue nationale de basket (LNB) avait refusé l’engagement de Monaco en Betclic Élite, évoquant une « absence de garantie suffisante sur la viabilité économique du club ». La décision a ensuite été confirmée en appel par la Fédération française de basket le 1er août, le club n’étant finalement pas engagé non plus en Élite 2.
Cette décision a également eu une conséquence directe sur le championnat : Saint-Quentin, initialement relégué, a finalement été repêché par la LNB pour prendre la place laissée vacante par Monaco.
Une situation forcément particulière pour les acteurs du championnat. Certains y voient une occasion supplémentaire de redistribuer les cartes et de croire à leurs chances de décrocher le titre. D’autres regrettent surtout l’absence d’un des projets les plus ambitieux du basket français de ces dernières années.
« Avec ce qu’ils ont fait ces dernières années, c’est quand même dommage que Monaco ne soit plus là. Il va y avoir un manque. C’était une belle affiche, pour l’Europe et pour la France. Ça remplissait aussi des salles quand tu recevais Monaco », explique Thomas Cornély, le meneur de l’Élan Béarnais.
Interrogé sur l’absence de Monaco, Tony Parker a lui aussi fait part de son regret : « Je suis dégoûté, je trouve ça terrible. Je trouvais ça génial pour le basket français d’avoir une grosse équipe performante en Euroligue. C’est vraiment dommage, mais j’espère que d’autres projets, d’autres clubs vont monter maintenant », a-t-il déclaré.
Pour les autres prétendants, l’absence du champion en titre change forcément le contexte de la saison. Paris, notamment, ne retrouvera pas l’équipe qu’il avait affrontée en finale quelques mois plus tôt. Mais au-delà de cette redistribution sportive, la LNB espère désormais aussi voir émerger d’autres projets capables de s’installer durablement dans le haut du championnat.
« Il faut faire en sorte que cette perte de Monaco, on la compense par d’autres choses. Je souhaite que Saint-Quentin puisse se structurer, pas simplement sur le plan sportif, mais aussi d’un point de vue économique », souligne Philippe Ausseur, le président de la LNB.
Entre l’arrivée de Tony Parker comme entraîneur de l’ASVEL, le nouveau visage du Paris Basketball et l’absence du champion de France en titre, la Betclic Élite 2026-2027 démarre avec plusieurs inconnues et de nouvelles cartes à distribuer. Les premiers éléments de réponse arriveront dès ce week-end, avec la Supercoupe LNB organisée à Roland-Garros. – N.B.
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