Dior Homme : la nouvelle collection de Jonathan Anderson divise

Très attendue lors de la Fashion Week masculine de Paris, la nouvelle collection Dior signée Jonathan Anderson a suscité de nombreuses réactions. Entre partis pris esthétiques déroutants et silhouettes en décalage avec l’héritage de la maison, le défilé a divisé critiques et internautes. Retour sur une proposition qui interroge plus qu’elle ne séduit.

Après un premier défilé marqué par la retenue et un classicisme presque muséal, Jonathan Anderson revenait ce mercredi 21 janvier avec une nouvelle collection Homme Dior que beaucoup espéraient plus affirmée. L’enjeu était clair : installer une véritable vision et insuffler cette vibration qui manquait à ses débuts. Mais ce second défilé, Automne/Hiver 2026-2027, ne semble pas avoir corrigé le tir, bien au contraire.

Là où la première collection misait sur un vestiaire raffiné, structuré et nourri de références historiques, cette nouvelle proposition opère un virage plus spectaculaire, sans pour autant gagner en lisibilité. Les mannequins défilent coiffés de perruques jaunes, dans une mise en scène volontairement décalée, évoquant une jeunesse libre et aristocratique en errance dans Paris. Sur le papier, l’intention est séduisante. Sur le podium, le message reste flou.

Les silhouettes multiplient les partis pris : doudounes kaki oversize déstructurées, débardeurs à sequins métallisés, pièces longues en maille, polos structurés par des épaulettes métalliques. L’accumulation d’éléments donne une impression d’opulence éclectique, mais peine à construire un ensemble cohérent. Là où le premier défilé souffrait d’un excès de retenue, celui-ci semble se perdre dans une surenchère d’idées.

Le tailoring, plus précis, apporte toutefois un certain équilibre à la collection. Vestes allongées, blazers raccourcis et pantalons ajustés témoignent d’un travail de coupe réel, tandis que l’outerwear joue sur un contraste entre technicité et théâtralité. La frontière entre masculin et féminin est également volontairement brouillée, dans une approche contemporaine qui peut séduire autant qu’elle déroute.

Sur les réseaux sociaux, les réactions confirment ce sentiment de déconnexion. Beaucoup évoquent une collection décevante, difficile à comprendre, regrettant l’absence de souffle, de désir et d’impact culturel. À ce niveau, le public attend une vision capable de surprendre sans perdre en désirabilité.

La comparaison avec l’ère Kim Jones reste inévitable. Sous sa direction, Dior Homme s’était imposé comme un espace de dialogue entre couture et culture urbaine, entre luxe et contemporanéité. Couleurs, collaborations, silhouettes : tout participait à une vision claire et fédératrice. Aujourd’hui, ce lien avec l’effervescence street semble mis en retrait, au profit d’un univers plus introspectif, mais aussi plus distant.

Ce deuxième défilé confirme donc une impression déjà présente lors du premier : Jonathan Anderson installe une esthétique, mais pas encore une vision pleinement incarnée pour l’homme Dior. Si son travail séduit davantage lorsqu’il s’adresse au vestiaire féminin, son approche masculine peine encore à trouver l’équilibre entre patrimoine, époque et influence culturelle. – C.N.

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